Ce n’était pas de sa faute. Élevé de bonne famille, les valeurs à la bonne place comme on dit. L’école normale, du primaire à l’université, de la gouache à la comptabilité. Vie rangée, vêtement ranger, par catégorie, par couleur, par jour, comme pour son lavage. Rien n’était chaleureux, rien n’était non plus froid, toujours température pièce, comme il aimait sa bière, elle goutait toujours plus qu’il disait. Il était connu, mais pas reconnu, surtout quand il la rencontra pour la première fois, il s’était égaré dans un bar, après le boulot, avec des collègues, comme il avait l’habitude de le faire une semaine sur deux. Il était dehors, trop tard pour être raisonnable, une bière en trop, ça ne lui arrivait jamais, presque jamais. Elle avait des yeux de cendre, qui s’arrêta sur lui, une bouche de feu, qui lui en demanda un peu. Elle sentait le danger, elle sentait la fin d’un cycle, d’une vie, d’une soirée qui était pour lui inconnue. L’alcool réduisait le temps à néant, les paroles de Perséphone brûlant chacune de ses bonnes intentions. Quand il décida de rentrer, elle le retint par un bras, approcha ses lèvres des siennes, détourna la tête au dernier moment, pour lui glisser à l’oreille de ses lèvres écarlates la promesse que ce n’était pas encore terminer. Ses seuls mots de sa muse lui resta en tête, il entra dans le bar, n’ayant plus aucune idée de leur précédente conversation, qu’une promesse de rendez-vous. Les yeux enfumés, l’esprit ivre de l’homme, à rendre aveugle un moment, ne retrouvant plus ses comparses avec qui il était venu. L’envoutante l’avait ensorcellé, son âme ne lui appartenait plus. Il ressortit, en un instant, vision stroboscope de la suite, la belle, un taxi, des escaliers, de l’air frais. Il s’ouvrit les yeux, la tête au-dessus de l’eau froide de la cuvette, rien autour ne lui appartenait. « Ça va? » d’une porte qui ne lui était pas familière. « Ça va! » de répondre, se relevant, reprenant un peu ses esprits. Miroir, eau, dentifrice, gargarisme, encore de l’eau, grand respire, go! L’ivresse ne l’ayant pas quitté, mais une lucidité qui le rendait en contrôle de ses mouvements. Immobile devant la porte, il se lança dans ce qui devait être pour certain l’enfer, pour d’autre le paradis. La porte s’ouvrit sur une chambre, remplie de feu, rempli des yeux voraces d’une bête assoiffée. Langoureusement vers lui, son corps voluptueux se déplaça devant lui. Des mains agiles lui retirèrent ses pantalons, il gardait le silence, il ne comprenait pas ce qui se passait, ce n’était jamais arrivé ainsi, ce n’était jamais arrivé en fait. Muet, il ne repensait pas au mariage, aux valeurs, aux sacrements, à ce qui avait fait de lui un homme droit. À ce qui avait fait de lui un homme nu, le temps d’une pensée, le temps d’avoir un choc dans tout son corps quand, à genou devant lui, elle fit disparaitre toute sa virilité dans l’abime de sa bouche avide. Comme une électrocution, en quelques secondes, il fut foudroyé par quelques choses qu’il ne connaissait pas, qu’il n’avait jamais vécues jusqu’à maintenant. Il pensa s’excuser, mais ne savait pas si c’est ce qu’il devait faire, la chose seule qu’il fait un instant, c’est tremblé. Le reste, ce n’était plus lui, c’était un mélange d’idée qui ne lui appartenait plus, qu’il eût vu, une fois ou deux, par jour, parce qu’il était curieux, sur internet, depuis déjà des années, simplement pour voir, pour comprendre, pour apprendre, parce qu’il était incapable de s’en passer. Il releva la bête sur ses pieds, elle vu dans ses yeux ce qu’elle n’avait pas vu avant, elle eut peur, il était trop tard, elle l’avait amené dans son entre, son jeu était devenu le sien. Il l’embrassa à pleine bouche avant même qu’elle eu le temps de terminer ce qu’elle avait commencé. Les langues, les lèvres, les morsures, il lui cracha dans la bouche, la retourna et la pris comme il avait vu. Perséphone et Belzébuth, un savant mélange d’époque et de croyance, un mélange de mal, un retour en arrière impossible, la fin de l’innocence.
Défi du jour : perdition
quelle aventure
[…] 2014-07-22: Je n’aurais jamais dû traverser cette rue! Lui Elle 2014-07-23: Un truc japonais Lui Elle 2014-07-24: C’était vraiment pas le bon outil pour ça Lui Elle 2014-07-25: Perdition Lui Elle […]